Le Songe d’une Sangsue-de-Vie

« — Sangsue-de-Vie… Loin de moi l’idée de remettre en doute tes compétences mais… C’est vraiment ce que diraient les autres psychiatres ? N’importe quel médecin ? »

« — Je l’ignore, peut-être ? Il y a longtemps que je ne suis plus une doctoresse conventionnelle, sinon j’aurais encore mes diplômes Grace. » Sangsue-de-Vie la gratifia de son sourire chevalin et rasséréné en assenant cette vérité peu engageante, avant d’ajouter avec son habituelle douceur sincère, attirante car presque naïve : « J’ai à cœur de soigner ou au moins de soulager, alors on peut se passer de mes méthodes personnelles. D’ailleurs on devrait le faire… »

« — Nan nan, ça me fait pas de mal, au contraire, juste… Je… Je me sentais… » Grace arrivait enfin à se libérer, petit à petit… « Je me sens coupable en fait. De… Que… Que tes questions -enfin pardon tes petites indications- me fassent penser des choses que, normalement… »

Sangsue-de-Vie la laissa s’arrêter mais, après quelques secondes de silence, susurra dans le calme flottant de son cabinet (qu’elle appelait le plus souvent sa « cellule d’alignement ») aux parois molletonnées. 

« — Te sens-tu enjointe à respecter certaines normes à bord du vaisseau, Grace ? »

La mère de famille, dont le divorce venait enfin d’être prononcé, émit un rire nerveux et se replia sur elle-même pour tournoyer dans l’apesanteur tiède avant de laisser échapper une trille plus sincère, plus voulue. 

« — Non, surtout pas avec toi. Que les caméras soient éteintes ou allumées. Et ça me fait tellement de bien… »

« — Oui, je l’ai remarqué ! » Et Sangsue-de-Vie se mit à tourner sur elle-même avec cette patiente qui était aussi devenue son amie. « Mais il te reste beaucoup sur le cœur… » En sens inverse, Grace opina. « Je veux que tu l’exprimes ouvertement, sans crainte, car cela semble en partie t’aider. »

La navigatrice déglutit et s’ouvrit entièrement : 

« — Je n’ai jamais aimé Robert, en fait je crois que si je me suis empêchée de penser pendant si longtemps durant notre mariage, ce n’était pas pour respecter mon serment de rester soumise et obéissante, tu sais, ce que j’ai dû promettre pour quitter la Mongolie pour l’enclave… Enfin ça c’est un autre sacré bagage… Si j’ai refusé de penser quand j’étais avec lui c’était parce que… Sinon, je l’aurais immédiatement détesté. Il était si con, Sangsue, je te promets, si con. »

La doctoresse, plutôt désormais soigneuse et guide, opina avec un air désolé.

« — Heureusement que Codriche, Sip, Deekshith et même Exposant-Douze m’ont démontré que tous les hommes n’étaient pas aussi médiocres. Est-ce que je suis cruelle ? Est-ce que je devrais continuer de me sentir coupable ? Je ne crois pas, car aussi méchant que ce soit c’est vrai. Par contre ce qui n’est pas… Enfin… Tu sais, tout le monde se disait, quand on est partis, que j’avais l’air mal car je devais me sentir mal de l’avoir humilié comme ça, en l’insultant devant les caméras ? Nan… Si je me sentais mal, c’était d’avoir manqué l’occasion d’exposer encore plus sa crasse, sa bassesse, sa stupidité… De pas l’avoir laissé encore plus immobile dans son incompréhension – car il sera toujours trop bête pour se remettre en cause – de pas l’avoir encore… De pas lui avoir rendu en quelques minutes ce qu’il m’a pris toutes ses années… Est-ce que je suis une personne horrible ? »

« — Non. » Sangsue-de-Vie lui avait attrapé la main, Grace la serra, et elles tournoyèrent lentement ainsi liées, têtes bêches. « Je ne peux pas arbitrer la justesse d’une telle vengeance, et les vertus thérapeutiques de celle-ci, pour la victime, ou plutôt la survivante, sont d’une valeur… contrastée. »

« — J’ai essayé, après coup, en faisant quelques mèmes à ma sauce à partir de son air déconfit sur la fameuse capture d’écran qui a fait le tour du système solaire. Ça m’a fait du bien sur le moment. » Elles se sourirent. « Mais tu sais… C’est surtout la vie dans le vaisseau qui m’a rendu mes années. Ici, je me sais vraiment utile, vraiment intelligente, vraiment… Je… aimée ? »

« — Je vous aime tous. » roucoula Sangsue-de-Vie sans la moindre trace d’ironie. 

Grace rit et la tira vers elle. 

« — Ah, comme ça me fait du bien d’enfin pouvoir me faire des amies ! » Sangsue-de-Vie l’étreignit chastement en retour. « Tiens… Tu as toujours cette… ahem… molécule dont tu m’as parlé y a quelques semaines ? Je voudrais bien essayer d’en prendre une ou deux pilules pour le live que je dois faire avec Azissia. J’ai beaucoup à rattraper niveau amusement aussi. »

Sangsue-de-Vie hocha lentement la tête et se laissa dériver vers la petite armoire à pharmacie de son « salon d’ouverture ».

« — Essaie déjà avec une mais je t’en laisse quatre pour que t’en prenne plus si tu ne ressens rien au bout de trente minutes ; il faut une quantité plus élevée pour que ça ait de l’effet sur certaines personnes, mais tu ne risquera jamais l’overdose, ni aucun autre effet négatif moins grave. Tu vas juste être vraiment complètement et joyeusement défoncée, peut-être que tu devrais juste prévenir Azissia… »

« — Oui. Je pense qu’elle sera contente de relever le défi. »

« — Je le pense aussi. »

Elles gloussèrent avec complicité.

« — T’es sûre de ne pas vouloir te joindre à nous ? »

« — Non… J’ai prévu autre chose pour cette occasion spéciale. »

Grace, habituée aux aussi rares qu’hermétiques secrets de Sangsue-de-Vie, ne posa pas de question, et quitta la salle par la porte laissée ouverte avec un sourire réconforté imprimé sur le visage. Contente d’elle et surtout de la tranquillité bourgeonnante de son amie, la soigneuse soupira d’aise et pressa le bouton ne pas déranger sur son micro-ordinateur. S’agrippant aux parois douillettes, Sangsue-de-Vie ignora l’autre accès à panneau coulissant et alla attacher sa sangle de sécurité devant l’écran encastré de son cabinet (« cellule d’alignement », pardon). Elle écrivit un bref résumé de la séance dans le dossier médical de Grace, le concluant par une observation dissociée des catégories médicales traditionnelles, catégorisée « alignement » : Énergies libérées ; canalisation de celle-ci ; moment parfait pour tout le monde

Elle ouvrit une autre fenêtre numérique, celle du flux des caméras extérieures. Jupiter, dont ils venaient de pénétrer la zone d’influence, grossissait au fil des minutes, démultipliant en fractales sinueuses les convolutions de son atmosphère tourmentée ; ses quatre plus grandes lunes étaient également bien visibles, Callisto réduite à un point brillant lointain, Io et Europe transitant toutes deux devant le disque jovien en y projetant l’orbe de leur ombre, et enfin Ganymède… Les « bulles » ganymédiennes, ou plutôt leur éclat, étaient visibles même à cette distance, contrastant avec le gris pailleté du reste de la surface du plus grand satellite du système solaire. Enfin, un ruban scintillant se détachait du ciel à côté de la capitale du système jovien. Sangsue-de-Vie entra une série de commandes et l’ordinateur zooma pour révéler un essaim de satellites miniatures dont les miroirs combinés traçait en lumière #WeAreAllTetesdOvules!!! Elle ne put s’empêcher de sourire : beaucoup de ganymédiens s’étaient plaints du passage de ce vaisseau follement rapide et si peu fiable à proximité de leurs routes commerciales, mais ils le manifestaient avec un humour fort à-propos. 

Sangsue-de-Vie ramena la focalisation de la caméra vers Jupiter et souffla longuement ; comme au moment de leur passage au plus près du Soleil, le vaisseau se verrait imprimé un effet de torque précisément calculé qui augmenterait sa vitesse et ajusterait sa trajectoire. Et eux, passagers du Starliner, seraient les premiers humains à passer aussi près de la géante furieuse qui dominait tout ce qui tournait autour de leur étoile. Sangsue-de-Vie voulait autant profiter de cette dernière manœuvre que de la première ; beaucoup de gens comptaient sur elle, mais cette fois-ci c’était surtout à elle-même qu’elle voulait faire un cadeau.

Elle saisit l’une de ses poches à eau et, après en avoir déployé la paille anti-fuite, but lentement, petite gorgée après petite gorgée, avant de remettre sa boisson dans son rangement et de prélever une goutte de sang à la pointe de l’auriculaire et de la passer une lamelle analytique de son invention. Elle se sentait tout à fait sobre mais elle voulait s’en assurer aussi par les indicateurs rigides des marqueurs chimiques ; elle connaissait suffisamment bien son métabolisme et ses créations pour se douter que son équilibre hormonal et neurologique avait retrouvé ses valeurs nominales, mais les imprévus avaient toujours tendance à se manifester au pire moment. Enfin, après une minute entière, la layette devint transparente : tout était bon. Sangsue-de-Vie se sangla à la section la plus confortable de la paroi, sans trop serrer non plus les lanières de sécurité ; Deekshith avait dit que la manœuvre devrait être sans danger comparé à celle réalisée aux abords du Soleil, mais cela risquait quand même de secouer un peu, alors il valait mieux se sangler. Surtout si on compte être hors-de-soi-même se redit Sangsue-de-Vie.

Elle souffla et fit le vide, laissant chacune de ses perceptions s’aiguiser dans l’immobilité primordiale de l’apesanteur. Pas de sensations, pas de sentiments, le vide parfait : plus rien ne pénétrait le champ de sa conscience. Sangsue-de-Vie flottait dans le néant tranquille de la méditation. Le temps cessa d’exister, la matière se dissipa et sa conscience elle-même cessa d’être. Dans ces moments où elle pouvait et voulait se passer complètement de substances psychoactives, Sangsue-de-Vie arrivait à renier jusqu’aux mots par lesquels la plupart d’entre nous nous traitons nos perceptions… Ce qui nous rend la description de cet épisode idoine d’autant plus ardue, mais celui-ci fut trop exceptionnel pour que nous ne nous essayons pas à cet exercice périlleux ne rendant pas justice à sa majesté cosmique.

Après une éternité de vide béat, Sangsue-de-Vie traversa l’émergence frémissante de la réalité brute, primordiale ; l’état d’un corps infiniment petit et infiniment lourd et, soudain, la libération de la dilatation. L’expansion déchira l’abstraction en une réalité nouvelle, une flèche d’argent qui s’arc-boutait sur la matérialité d’un dieu revêche datant d’avant le temps. Jupiter était là, enchevêtré dans sa chevelure magnétique, vêtu de la seule ceinture de plasma dont l’habillait Io aux longues et majestueuses cornes bovines. Europe, faites d’automates de glace et de cristal, jurait sa mort et sa vie en arrachant de ses entrailles des flocons qui formaient autant de fleurs comme des javelots. Des mèches rebelles comme autant de plumes enveloppaient Ganymède, plus beau jeune homme et plus grand œuf jamais conçu piégé dans les contraintes débilitantes du plaisir, tandis que sous les airs d’une fausse déesse turgescente se manifestaient les tourments à venir de Callisto la flouée, la perdue. Étaient-ils eux-mêmes une flèche de Diane ? Le rayon jaloux d’Apollon ? Sangsue-de-Vie avait-elle trop relu les Métamorphoses d’Ovide avant le passage ?

Elle ne faisait pas que ressentir, elle savait que le Starliner prenait le bon chemin auprès du dieu des dieux, auprès de la planète des planètes, trouvant tout comme des évidences à la substance kaléidoscopée : Azissia, une énergie bouillante face à l’imprévisible, Grace qui ne pouvait s’empêcher de rire en la regardant, enfin simplement heureuse ; Deekshith, squelette nu de nihilisme aussi insondable et incisif que l’obsidienne des premiers volcans ; Exposant-Douze, synthèse de certitudes belles dans leur bêtise écorchée ; May qui dans sa folie ordonnée, généreuse et ouverte les dépassaient tous de tellement loin dans l’espace et dans cette vie ; Sip et Codriche qui… Oh, ça, pour une surprise ! Ah, elle, enfin, la doctoresse qui n’avait plus voulu en être une, l’aveux d’un monde désabusé qui ne cessait pas de mourir, d’une continuité d’action et de vie qui avait toujours moins de sens, l’envie d’aider au-delà des atomes, des molécules, des organes, des traumatismes enfouis, des peines existentielles qui font boiter les jours et remplissent les nuits de faims inavouables et à jamais inassouvies, que… L’acuité ardente de ce qu’elle trouvait revenait à une infernale libération qui la consuma. Sangsue-de-Vie secoua la tête et reprit une profonde inspiration. 

Est-ce que tout était fini ? Elle était à nouveau dans le néant dénudé et… L’œil était là, enfin, sans faux-semblant imaginatif, sans suggestion de réalités. Il y avait cette sphère totale, qui aspirait autant qu’elle soufflait ; souffrance et plaisir dans un échange permanent, étoiles contre noirceurs dans la torsion de l’entropie qui chassait l’univers vers sa fin. Et puis, dans une petite pièce décatie d’un hôpital élyséen, une enfant maigre qui souriait sur son lit aux draps sales ; le bip-bip lancinant des appareils et qu’elle répétait de loin en loin, changeant l’égrénement monocorde en une petite mélodie qui emplit l’espace de chaleur, changea la cruauté en beauté, donna autant d’acceptation à la maladie que la conscience en donnait à l’univers. « Tu n’as pas mal Chouquette aujourd’hui ? » lui demandait la jeune femme à son chevet, et quand la petite tournait la tête de droite à gauche avec toute l’énergie qui lui restait, la doctoresse lui adressait un sourire chevalin. Cette mère s’appelait alors Babou de Pomponne, un nom idiot pour un destin idiot : sa petite était morte trois jours plus tard. Ruines de Paris, un tesson de vase canope pris dans les pierres de taille, des cendres au vent. Ses paupières hermétiquement closes rejetant ses larmes anciennes, Sangsue-de-Vie formula en esprit, à l’adresse de la brutalité sidérale redressant leur trajectoire : Avons-nous un sens ? Nos joies et nos tristesses valent-elles quelque chose ? Et, en son for intérieur, cette fois, enfin, elle eut sa réponse. 

Après de longues, très longues minutes, Sangsue-de-Vie parvint à juguler ses sanglots et laissa échapper un doux rire de soulagement. Sous son dos et dans les sangles, les vibrations du Starliner s’étaient atténuées au point de disparaître, et surtout aucune accélération latérale ne la clouait plus à la paroi. Elle se défit de ses attaches et fouilla sa pharmacopée en quête d’un petit calmant ; même les révélations les plus lénifiantes n’étaient pas forcément faciles à assimiler. Lorsqu’elle eut trouvé les comprimés qui lui paraissaient convenir, elle s’en fourra trois dans la bouche et les avala avec quelques gorgées tièdes de la poche à eau. Enfin, elle se laissa tourner lentement sur elle-même en attendant que se fasse ressentir les effets de la substance relaxante.

Sur les écrans, après ces instants ou plutôt ces heures, Jupiter et les quatre lunes galiléennes commençaient à rapetisser ; cette fois, ils étaient vraiment partis pour les confins du système solaire, sans plus rien ou presque sur leur route jusqu’à leur destination. Enfin elle, elle avait déjà atteint sa destination ; les mots avaient cessé de se superposer et de se décupler, ils s’alignaient à nouveau dans leurs enchaînements monocordes, permettant le partage dérisoire d’un succédané de révélation. Ce serait toujours moins banal que les platitudes qu’elle avait publiées après leur passage vide de sens au plus près du Soleil. Sangsue-de-Vie ouvrit une autre fenêtre à l’écran : Azissia jouait les prolongations avec son live, Grace étant manifestement bien trop distrayante dans son état neurologique légèrement altéré. 

« — Tu trouverais ça drôle si je corrigeais Exposant-Douze avec un fouet fait d’une ribambelle de saucisses ? » reformula leur présentatrice vedette avec le plus grand sérieux ; son invitée la regarda avec les yeux ronds qui précèdent les illuminations -ou l’hilarité- et bafouilla : 

« — Drôle drôle drôle… drôle… drôle… euh euh… oui drôle ! » et elle éclata de rire en se plaquant une main sur la bouche, follement amusée par la sonorité même du mot. 

Sangsue-de-Vie sourit ; Grace l’écouterait avec le plus grand sérieux quand elle lui dirait ce qu’elle avait vécu. Les autres membres de l’équipage ne seraient peut-être pas aussi ouverts, mais ils resteraient respectueux… Il y aurait des incrédules beaucoup plus manifestes sur TwootZ, mais ses abonnées et abonnés TwootZ de la première heure, celles et ceux avec lesquels elle avait commencé son cheminement spirituel toute ces années plus tôt et dont elle était devenue une sorte de guide, eux ils sauraient essayer de comprendre, de concevoir. Surtout Koos Van der Knaap. Elle n’aimait pas tout ce que faisait Koos, loin de là, mais sa peur de la mort, de l’absence de sens, avait quelque chose de remarquable. Maintenant qu’elle avait trouvé ce qu’il voulait, elle pourrait peut-être l’encourager à créer d’autres Starliner au prétexte de coloniser Chioné ou le fin fond du système solaire, pour s’offrir l’illumination à lui puis à d’autres. Elle, fondatrice du premier culte vraiment cosmique, figure apostolique voire messianique ? Mais c’était une doctoresse ! Non, c’était une illuminée. Mais ce n’était qu’une illuminée ! Non, ce n’était qu’une doctoresse. Au final, cela n’importait plus vraiment désormais. 

Même si elle avait fini par s’habituer à faire des vidéos et des lives avec ses conseils et ses apaisements, Sangsue-de-Vie décida de prendre le temps d’écrire un long post en forme de tentative, perles d’éveil sur le fil de sa compassion enfiévrée. Passée à travers les ruines de son deuil, les réflexes rigoureux hérités de son éducation et l’émerveillement renouvelé par ses retraites, Sangsue-de-Vie se montra beaucoup plus claire mais aussi beaucoup plus limitée dans sa révélation que dans la (tentative de) restitution que nous en avons donnée. 

Son texte fondateur s’ouvrit de la sorte : Amoureuses et amoureux de la vie éconduits par l’univers, je me suis retrouvée… Et en le composant elle rit des outrances superbement calculées d’Azissia et des simplicités trop longtemps refoulées de Grace. Elle pensa aussi à l’exubérance fébrile de May, à la mélancolie tranquille et rébarbative de Deekshith, à la volonté tenace et ronflante d’Exposant-Douze, aux découvertes finalement attendues et nécessaires de Sip et de Codriche. Chacun, à sa propre façon, avait trouvé sa version de la Grande Réponse ou la trouverait, entre le Soleil et Jupiter, avant la vie puis au-delà de l’existence. Dans tous les cas, elle serait là, avec ses phrases de réconfort tranquille et ses molécules si amusantes. Elle termina : …C’est en nous appréciant que nous nous trouvons sens et valeur. 

Sangsue-de-Vie sourit à nouveau de toutes ses grandes dents et avala elle aussi l’un de ses comprimés de molécules exotiques.

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